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Une Indonésienne a transmis la grippe aviaire à sa famille
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi qu'une Indonésienne avait transmis la grippe aviaire à ses proches, mais a assuré que le virus n'avait pas muté de façon dangereuse.
Il s'agit de la première confirmation d'une transmission humaine du virus H5N1 avec apparition de la maladie. Les experts ont conclu que celle-ci pouvait s'attraper par un contact rapproché avec une personne infectée en étudiant le cas d'une famille du district de Karo, dans le nord de l'île de Sumatra, qui a compté sept morts en mai.
"Nous estimons que la première femme est tombée malade et qu'alors plusieurs membres de sa famille se sont occupés d'elle, restant dans la même pièce qu'elle", a expliqué Keiji Fukuda, coordinateur du programme antigrippe de l'OMS.
A Genève, siège de l'OMS, un porte-parole de l'organisation a souligné qu'il s'agissait du premier cas de transmission humaine du virus confirmé formellement par des tests de laboratoire.
Il y a déjà eu "une demi-douzaine" de cas où l'on soupçonnait une transmission directe entre humains, mais les experts n'avaient pas de preuve scientifique formelle, a expliqué le porte-parole, Dick Thompson. "Jusqu'à présent, nous n'avions pas vraiment d'empreinte digitale pour confirmer une transmission entre humains comme nous l'avons eu ici", a-t-il déclaré.
La chaîne de transmission a ainsi été révélée aux experts par une modification génétique "minuscule" du virus, découverte dans les échantillons provenant de deux des victimes.
M. Fukuda a précisé les conditions dans lesquelles la transmission du virus par la première femme atteinte avait eu lieu. "Quand elle toussait, ils étaient très proches d'elle, donc il y avait un contact rapproché dans une petite pièce durant de longues heures", a-t-il ajouté. Le spécialiste a estimé qu'il s'agissait d'une "contamination inter-humaine limitée et non prolongée". Il a précisé que le virus avait légèrement muté, sans considérer cela comme inquiétant.
"Nous n'avons pas constaté d'évolution dans la mutation du virus (...) qui changerait la transmissibilité du virus. Il y a une légère mutation, mais tous les virus grippaux mutent sans cesse", a détaillé l'expert japonais.
L'Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé de la planète avec plus de 220 millions d'habitants. Depuis début 2006, plus de la moitié des morts de la grippe aviaire dans le monde étaient indonésiens.
Ce n'est pas la première fois que l'OMS enquête sur des contaminations interhumaines présumées. L'agence de l'Onu avait dit, en février 2004, ne pas avoir pu recueillir la moindre preuve concernant une "possible" transmission humaine au Vietnam, entre deux soeurs décédées le 23 janvier. En septembre 2004, l'OMS avait dit enquêter sur un cas "probable" de transmission humaine entre une mère et sa fille décédées le même mois en Thaïlande.
En 1997 à Hong Kong, il y avait déjà eu des cas de transmission humaine mais sans apparition de la maladie. Il s'agissait d'infirmières infectées par des patients qu'elles soignaient, qui n'avaient pas présenté les symptômes de la pathologie.
Jamais cependant une mutation du virus H5N1 en une forme susceptible de déclencher une pandémie n'a été constatée.
Si le virus aviaire parvenait à acquérir - ce qui n'est pas le cas actuellement selon l'OMS - la capacité de se transmettre facilement d'humain à humain, la grippe aviaire nouvelle pourrait se révéler nettement plus dangereuse pour l'homme, dont les défenses immunitaires ne seraient pas préparées à affronter ce nouveau virus.
Une pandémie grippale marquée par une mortalité élevée associée à l'arrivée d'un nouveau virus survient trois à quatre fois par siècle, selon les experts qui redoutent une nouvelle épidémie de l'ampleur de la grippe espagnole de 1918/19, qui aurait fait de 20 à 40 millions de morts dans le monde.
60 questions – 60 réponses sur la dette, le FMI et la banque mondiale 0005/….
L'optimisme affiché par la Banque mondiale sur le thème de la réduction de la pauvreté est donc totalement déplacé!
Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim
Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (F AO)14, 848 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde sur la période 2003-2005, chiffre comparable aux 842 millions de la période 1990-1992. Mais la situation s'est fortement dégradée du fait de la flambée des prix des denrées alimentaires [voir Q19]. et en septembre 2008, la FAO revoyait son estimation à la hausse, estimant les tendances « inquiétantes15» : 923 millions de personnes étaient sous-alimentées en 2007, dont 907 dans les pays en développement. Parmi elles, 583 millions vivaient en Asie, 273 en Afrique et au Proche-Orient et 51 en Amérique latine.
« La dramatique situation alimentaire mondiale actuelle nous rappelle l'équilibre fragile entre les approvisionnements alimentaires mondiaux et les besoins des habitants de la planète, et le fait que les engagements souscrits précédemment pour accélérer les progrès vers l'éradication de la faim n'ont pas été tenus. »
Jacques Diouf, directeur de la F AO, mai 2008
Selon la Banque mondiale, « environ un tiers des enfants des pays en développement souffre d'insuffisance pondérale ou de retard de croissance et 30% de la population totale du monde en développement souffrent de carences en oligoéléments. La sous-alimentation ne constitue pas qu'une menace contre les progrès enregistrés dans la lutte contre la pauvreté; elle est la cause profonde de plus de 55% des cas de décès infantiles. »
Dans ce contexte, la forte augmentation du prix des céréales sur les marchés mondiaux depuis 2006 est particulièrement inquiétante. La FAO a dressé « une liste de 22 pays particulièrement vulnérables en raison de niveaux élevés de sous-alimentation chronique (plus de 30%), conjugués à une forte dépendance des importations de céréales et de produits pétroliers ». Certains pays
14/. Voir FAO, "Briefing paper: Hunger on the rise",
http://www .fao.orglnewsroom/common/ecg/1 000923/fr!h ungerfigs. pd f
15/. Voir FAO, " La faim gagne du terrain. Avec la hausse des prix, le monde se retrouve avec 75 millions d'affamés de plus ", Communiqué de presse, 18 septembre 2008.
affichent même des pourcentages ahurissants: la proportion de personnes souffrant de la faim est de 73% en Érythrée, 72% en République démocratique du Congo, 67% au Burundi16 .
OBJECTIF 2 - Assurer l'éducation primaire pour tous
D'ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires
L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture17 (Unesco) dresse un bilan sans complaisance des faibles progrès accomplis vers l'éducation pour tous: « Des progrès réguliers ont été accomplis depuis 1998 [ ... ] mais le rythme de ces progrès est insuffisant pour que les objectifs puissent être atteints avant la fin des la années qui nous séparent de 2015. » En effet, environ 100 millions d'enfants ne sont toujours pas scolarisés dans le primaire, et parmi eux 55% sont des filles. Le taux de scolarisation diminue même dans 23 pays.
Au-delà des chiffres bruts, le Projet Objectifs du Millénaire des Nations unies 2005 affirme que « la plupart des enfants pauvres allant à l'école primaire dans les pays en développement, apprennent en réalité fort peu de choses18 ». De plus, l'Unesco écrit que « moins des deux tiers des élèves du primaire atteignent la dernière année du cycle dans 41 pays (sur les 133 pour lesquels les données sont disponibles) ». Il y a donc un fossé entre le fait d'aller à l'école et celui d'acquérir durablement les savoirs de base.
La Banque mondiale est parvenue à devenir un partenaire obligé dans la définition de la politique de l'éducation en prenant le pas sur l'Unesco19,
16/. Voir FAO, La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture, 2007, www.fao.org/es/esa/fr/pubs_sofa_07.htm.
17/. Voir Unesco, Rapport mondial de suivi pour l'éducation pour tous, 2006, http://portal.unesco.org/fr.
Sauf mention contraire, les citations de l'Unesco dans cette question sont extraites de cette publication. 18/. Projet Objectifs du Millénaire des Nations unies 2005, Investir dans le développement: plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, dirigé par Jeffrey Sachs, www.unmillenniumproject.org/reports/french.htm.
Sauf mention contraire, les citations de ce projet dans cette question sont extraites de cette publication. 19/. L'Unesco a été systématiquement marginalisée par la Banque mondiale et par le gouvernement des États-Unis qui la domine. Les États-Unis se sont d'ailleurs retirés de l'Unesco entre 1984 et 2003 pour s'opposer à l'orientation de cet organisme.
utilisant pour cela son statut de créancier et de bailleur de fonds. Ce fait est loin d'être anodin. La Banque mondiale est fondamentalement opposée à la notion de gratuité des services publics essentiels. Elle favorise d'ailleurs la privatisation de l'enseignement: une école publique au rabais pour les pauvres et une école privée de qualité pour la classe moyenne élevée et les riches.
Du coup, on se dirige vers un échec programmé. Selon la Banque mondiale, « 38% des pays en développement ne réaliseront probablement pas l'objectif d'un taux d'achèvement universel du cycle scolaire primaire d'ici 2015 et 22% supplémentaires qui ne disposent pas de données de qualité permettant de suivre les progrès accomplis sont également susceptibles de s'écarter des objectifs visés. » Or un système éducatif gratuit et de qualité est essentiel pour permettre à un pays de sortir structurellement de la pauvreté.
OBJECTIF 3 • Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015, au plus tard
Pour l'Unesco, « l'objectif de la parité entre les sexes [dans l'enseignement] en 2005 n'a pas été atteint par 94 pays sur les 149 pour lesquels les données sont disponibles: 86 pays risquent de ne pas réaliser la parité entre les sexes même en 2015; 76 pays sur 180 n'ont pas atteint la parité entre les sexes dans le primaire et les disparités sont presque toujours au détriment des filles. »
L'Unesco ajoute que « les femmes sont plus souvent analphabètes que les hommes : à l'échelle mondiale, seules 88 femmes adultes pour 100 hommes adultes sont considérées comme alphabètes et on enregistre des chiffres beaucoup plus bas dans des pays à faible revenu tels le Bangladesh (62 femmes pour 100 hommes) et le Pakistan (57 femmes pour 100 hommes) ».
Pourtant
la formation des filles aurait un impact positif dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. D'autre part, les inégalités entre hommes et femmes restent criantes
à
différents niveaux du développement humain.
Le combat pour l'égalité des sexes doit être une priorité, par principe d'abord, mais aussi par le fait que les femmes assurent un rôle prépondérant dans l'amélioration du bien-être familial
ainsi que dans le développement général des communautés et des pays.
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